Labhul's-letter N°19- 06/06/2016

L'humeur d'Ernest : "La bulle, les anges et la grande boucle"

LA BULLE, LES ANGES ET LA GRANDE BOUCLE

La fois dernière, je partageais avec vous l’intérêt que certains portent sur le parcours des bulles, leur physique et leur déplacement… Ainsi, si la bulle monte invariablement pour éclore à la surface, combien de fois n’avons nous pas porté un regard faussement intéressé sur son cheminement tortueux afin de cacher notre désoeuvrement.
« Quand on demande aux gens d'observer le silence...au lieu de l'observer, comme on observe un éclipse de lune, ils l'écoutent... et tête baissée, encore ! Ils ne risquent pas de le voir le silence. Ils le redoutent ! Alors, dès que le silence se fait, les gens le meublent. Quelqu'un dit : Tiens? Un ange passe ! alors que l'ange, il ne l'a pas vu passer ! dixit Raymond Devos.
Or, si le parcours du million de bulles que contient une flûte est immanquablement le même. Le coureur cycliste, lui, lors du franchissement des reliefs, dessine ses courbes sinusoïdales à sa propre vitesse, écrit ses propres lois physiques. Il en va ainsi jusqu'à l’arrivée.
Pourtant, bulle et champagne sont intimement liés au tour de France même s’ils se cantonnent le plus souvent à ses coulisses. C'est même le premier porteur du maillot jaune, Eugène Christophe (1916), qui le dit : “Pour commencer du thé et de l'eau de Vittel et pour finir un petit peu de champagne comme excitant mais sans exagération”.
Alors certes, une symbiose invisible, mais réelle, vous comprendrez maintenant comment les spectateurs de Bordeaux Paris en 1948 ont vu un ange passer, son futur vainqueur, il s’appelait Ange le Strat .
Désormais, vous aussi, regardez les anges passer et les bulles s’élever...


Ernest LABHUL ST GERMAIN, le 06 Juin 2016 au Mesnil-sur-Oger au cœur de la côte des Blancs.